Jeudi 17 décembre 2009
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19:04
Pas maintenant. Pas maintenant. Rien ne vient, rien n'est là. Tout est bloqué, quelque part, peut-être, je n'en
suis même pas sûre. Il me semble que quelque chose se balade en moi, mais ma gorge se noue et mon corps tremble. Ce n'est pas le moment, je le sais, je le sens, et pourtant...Pourtant j'écris.
Peut-être pour me punir. Peut-être juste pour me forcer à aligner quelques mots, en espérant que mon style s'améliore. Mais tout stagne, mes phrases sont toujours les même -je le sais, je le
sens. Rien ne va plus dans mes écrits, tout se froisse, s'entremêle, je n'inove pas -pas assez. Mes textes sont devenus fades, sans goût, sans intérêt. Je les lis dix, vingt fois, je cherche à
comprendre pourquoi ils ont perdu leur grâce d'antan...Mais rien n'y fait. Leur poésie s'est égarée, j'en suis désolée, j'en suis terrifiée. Je crains de ne plus jamais pouvoir me lier avec eux,
"les enlacer, les embrasser" comme j'aurai dit il y a quelques mois- peut-être quelques années. Le temps file dans mes yeux, des images, des messages, des idées. Des vers, parfois des strophes
toutes entières me reviennent en mémoire. Je pourrai les réciter sans fautes, tellement je les ai lues et relues afin de m'en emplir, de les savourer entièrement -dans le moindre parcelle.
J'essaie de me souvenir de cette auto-satisfaction, maintenant si rare, mais que je connaissais tellement bien autrefois. Car je savais que je progressais, que mes textes se construisaient
mieux, plus facilement, que les mots étaient plus dociles, que les phrases étaient plus correctes. Je faisais de moins en moins de fautes, et j'aimais voir que je m'améliorais. Et
maintenant...Maintenant. Maintenant quoi ? Tout a changé, je ne ressens dans mes écrits ni légereté ni douceur. Tout est froid, stoïque, implacable. Mon plaisir s'évapore, je le regarde
s'éloigner comme un oiseau qui s'envole. Pour ne plus jamais revenir. Et ça me fait peur, je m'accroche, parce qu'écrire c'est la seule chose que j'aie. Personne ne me l'enlèvera, car
sinon...Plus rien n'aurait de sens. Oui, ma vie perdrait son sens.
Par Ayu
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Mercredi 16 décembre 2009
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19:01
Eclectique, narquoise & bilieuse.
Je fais partie de cette génération virtuelle
Dix ans à peine, déjà sur la Toile
Je pénètre dans un monde irréel
Où tout est possible -d'un coup, je mets les voiles.
J'ai appris tant de chose dans cet univers
Qu'il faut se méfier des apparences
Que sans but, rapidement l'on s'y perd
Qu'il ne faut jamais compter sur la chance.
J'ai grandi entouré de pseudonymes
D'ombres qui veillaient sur moi
C'est là que j'ai appris à manier les rimes
Puisque sur Terre, les insolents sont rois.
Je fais partie de cette génération virtuelle
Internet est mon royaume depuis longtemps déjà
C'est là que j'ai déployé mes ailes
Peut-être qu'un jour mon âme y mourra.
(Si, si, je vous jure, je songe à arrêter d'écrire de la merde.)
Par Ayu
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Mardi 15 décembre 2009
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20:24
L'adolescence me fait peur.
J'essaie de me cacher mais
On me court après
On m'insulte
"On" en a après moi
Sans raisons
"Juste comme ça"
(L'adolescence m'effraie.)
Je me terre chez moi
Je ne sors pas
(On pourrait m'attaquer)
Quand d'autres se mutilent
Moi je me blesse avec des mots
Je m'étouffe avec de la poésie
(Et dieu sait comme ça fait mal)
Mes vers m'assassinent
Mais je résiste
Je rejoins le rang des masochistes
(L'adolescence me hante.)
Quand mes larmes coulent
Le monde s'arrête
Et je deviens le centre de l'univers
"J'ai mal, sauvez-moi !"
Mais les six milliards s'agitent
Continuent leur danse macabre
(Je souffre, aidez-moi)
"On" entend pas
La détresse dont je suis la proie
(L'adolescence m'habite.)
J'entre dans l'univers déchu
De l'auto-destruction
"On" ne me regarde pas
Tant pis pour lui
J'aligne les mots sur ma chair
D'une lame d'argent
(Je tombe un peu plus bas)
Ne vous inquiétez pas
J'ai l'habitude
De tout ça
...
J'ai la phobie de l'adolescence
(S'il vous plait, croyez-moi).
"On" ne me lit même pas.
Par Ayu
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Mardi 15 décembre 2009
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19:03
Hé, toi, tu te voiles la face
Regarde moi !
Ne détourne pas la tête
Ne te bouche pas les oreilles
Ecoute ce que j'ai à te dire.
Ce qui te choque tant est en moi
Ce qui te dégoûte fait partie
De ma chair, désolé, c'est ainsi
Rien à y faire
Mais ne ferme donc pas les yeux !
Hé, toi, tu te caches derrière un mur
De silence et de gêne
De clichés et de haine
Pourtant rien n'est vrai dans tout cela
Ecoute-moi.
Tu te noies dans des préjugés écoeurants
Dans des propos indécents
Et, étrangement, ça me dégoûte aussi
Tant de mensonges alignés
Auxquels tu te raccroches mais
Ne te voile pas la face
Non
Ne te voile pas la face.
(Ce qui te choque tant est en moi
Ce que tu hais tant est en moi
Alors
Si je te dégoûte
Dis-le moi mais
S'il te plait
Ne te voile pas la face...)
Par Ayu
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Lundi 14 décembre 2009
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20:05
[Style emprunté à Nathalie Sarraute]
Finalement, quoiqu'il arrive, je finis toujours par me retrouver devant elle. Cette page vierge, troublante, fascinante même. Encore toute blanche, prête à supporter le poids de mes paroles, la
tristesse de mes propos et mes explosions quelconques. J'avance une lettre -là, juste sur la première ligne. La page ne cille pas, alors j'avance une autre lettre, et encore une autre...Ça y est :
un mot, et la page est toujours là, plus tout à fait blanche mais encore assez pour que je puisse m'y installer à mon aise. J'ose une phrase, puis une deuxième, elles s'enchaînent, s'accumulent,
tournent, tournent sur la page, me donnent mal à la tête à force de tourner ainsi...Stop. Le manège s'arrête, d'un coup, et le texte marque une césure. Un espace.
Et puis, doucement, lentement...A force de points de suspension...Les mots...L'inspiration réapparaît...Se montrant à peine...Avançant à tatons sur la page...Je ne suis pas sûre que ce soit
elle...Ah, mais si, je la reconnais, c'est bien elle, aucun doute possible...Allez, viens, viens, approche, plonge dans mes mots...J'ai encore besoin de toi, je suis accro à ton odeur, à ta saveur,
à tes couleurs...Viens donc plus près, n'ais pas peur, je veux juste m'enivrer de ton parfum, m'emplir de toi jusqu'à ce que tu subsistes en moi même lorsque tu habites quelqu'un d'autre...Je veux
qu'un peu de toi reste dans mon corps, dans mon coeur et dans mon esprit, afin que tu sois toujours à mes côtés...Est-ce égoïste ? Non, je ne pense pas...Je ne crois pas...Qui pourrait te résister
? Ah, la tête me tourne de nouveau, je perds l'équilibre mais je m'accroche -ça ne peut pas s'arrêter maintenant, j'ai encore tellement à dire...Mais...Tout s'enroule autour de moi, le paysage
n'est plus qu'une photo brouillée, effacée et redessinée mille fois...Inspiration, ne me quitte pas...Et voilà que de nouveau, je plonge dans le vide.
Par Ayu
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